Données mises à jour le : 04/10/2022
Mis à jour le : 04/10/2022
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Fiche de paie éleveur : Comment procéder ?

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  1. Éleveur/éleveuse : quel métier ?
  2. Fiche de paie éleveur : quelles spécificités et quel statut pour le salarié ?
  3. Quel salaire sur la fiche de paie de l'éleveur ?
  4. Éleveur : quel taux AT/MP applicable ?
  5. Éleveur : quels avantages professionnels sur la fiche de paie ?
  6. Obligations légales : quelles sont celles qui incombent à l’employeur ?
  7. Comment établir la fiche de paie d'un ouvrier d'élevage en contrat d'apprentissage ?
  8. Comment établir la fiche de paie d'un ouvrier d'élevage en contrat de professionnalisation ?

 

1- Éleveur/éleveuse : quel métier ?

L’éleveur est responsable de l’alimentation, du soin et de la reproduction des animaux dont il a la charge. Les secteurs d’activité sont nombreux puisqu’ils existent de nombreux types d’élevage : élevage pour la chasse, consommation humaine, habillage, expérimentation animale ou encore animaux domestiques. L’éleveur peut être à son compte. Dans le cas contraire, il sera appelé employé éleveur ou ouvrier d’élevage, responsable de troupeau ou responsable polyvalent selon les fonctions exercées au sein de l’entreprise agricole ou du GAEC.

Les missions

Quelle que soit la finalité de l’élevage, les missions principales d’un éleveur ou d’un employé d’élevage peuvent être identifiées ainsi :

  • Nourrir les animaux : veiller à assurer les quantités et le type d’alimentation adaptée à l’animal, notamment en fonction de l’âge ;

  • Surveiller la santé des animaux : leur administrer les soins nécessaires en cas de maladie, prendre note des chaleurs, surveiller les divers problèmes de santé ;

  • Assurer les soins vétérinaires : il assure les soins quotidiens (castration à vif des porcelets par exemple) et fait intervenir le vétérinaire pour les actes comme la vaccination ;

  • Assurer la traçabilité des bêtes : puçage, tatouage, marquage ...

  • Assurer la reproduction du cheptel par voie naturelle ou par insémination artificielle. Cette fonction peut être technique lorsqu’il s’agit de perfectionner la race (plus de viande, plus de lait etc.);

  • Recueillir les produits animaux (œuf, lait, laine etc.) et éventuellement les transformer (fromage notamment) ;

  • Assurer la vente des bêtes ou des produits issus de l’exploitation animale ;

  • Certains éleveurs cultivent des terres pour l’alimentation des bêtes, dans tous les cas l’éleveur veille à la gestion des stocks ;

  • Application des règles d’hygiène et de sécurité stricte pour éviter la propagation de maladie notamment (zoonose) .

La principale qualité attendue pour le métier d’éleveur est son sens de l’organisation car sa journée est généralement très remplie. Il sait gérer son planning. Une bonne condition physique est indispensable car le travail est très souvent pénible : manipulation des animaux qui résistent parfois, manipulation de charges lourdes, travail en extérieur, travail en continu et grosses amplitudes horaires etc.

Le métier déleveur ou d’employé d’élevage évolue avec l’automatisation croissante des tâches. Il dispose nécessairement de  compétences techniques et fonctionnelles :

  • Connaissance des machines : trayeuse, machines agricoles etc ;

  • Connaissances vétérinaires pour apporter aux animaux les soins d’urgence (mise-bas, premiers soins etc.) ;

  • Connaissances approfondies en matière de techniques d'élevage, d’agronomie et d’agriculture ;

  • Maîtrise des consignes d’hygiène et de sécurité ;

  • Si l’éleveur est à son compte : connaissance en gestion d’entreprise voire marketing pour la vente des produits de l’élevage.

Les études

Pour entrer dans la profession, un minimum de formation est indispensable. Les principales formations permettant d’accéder au métier d’éleveur vont du CAP au bac +2  :

Après la 3ème :

  • CAPA (CAP Agricole)  formation dispensée par les lycées agricoles en 3 ans après la 3ème ;  

  • BPA travaux de production animale

  • BPA travaux de l'élevage canin et félin

Ces diplômes peuvent être complétés par un certificat de spécialisation (CS) agricole : élevage caprin, ovin, de volailles etc.

Niveau bac :

  • Bac pro conduite et gestion de l'exploitation agricole option système à dominante élevage

  • Bac pro conduite et gestion d'une entreprise du secteur canin et félin

  • BP responsable d'exploitation agricole

Bac +2 :

  • BTSA productions animales

Le bac professionnel et le BTS préparent les étudiants à s’installer à leur compte et leur permettent de bénéficier d’aides.

Points d’attention :

  • Un éleveur canin doit détenir un certificat de capacité, délivré par la préfecture ;

  • La filière équidé demande une formation spécifique du CAPA à la licence pro.

L’insertion professionnelle en CDI des jeunes diplômés est actuellement compliquée, à l'instar de l'ouvrier agricole, en effet le secteur de l’élevage embauche peu de salariés. En revanche, chaque année de nombreux élevages cherchent des repreneurs.

Les possibilités d’évolution

Selon son niveau de formation initiale et son expérience professionnelle, un éleveur peut :

  • Évoluer vers des postes à responsabilité : dans les grands élevages, l’éleveur salarié (employé d’élevage) peut être amené à encadrer des équipes et à organiser le travail, l’ouvrier d’élevage peut devenir responsable de troupeau etc. ;

  • Évoluer d’un secteur d’activité à l’autre : l’employé d’élevage peut découvrir de nombreux secteurs d’activité et des méthodes de travail différentes selon le type d’élevage : poisson, volailles, vaches laitières, moutons, chevaux, animaux domestiques etc ;

  • évoluer vers des métiers connexes : chefs de centre d'insémination, technico-commerciaux ou conseillers technique dans un regroupement de producteurs;

  • Se mettre à son compte : avec l’expérience où dès l’obtention d’un diplôme, l’éleveur peut s’installer à son compte. Certains élevages demandent un investissement massif en matériel, et pour obtenir des aides, il faut être titulaire à minima d’un bac pro.

Environnement d’exercice de l’activité

Le métier d’éleveur peut s’exercer de manière artisanale ou en élevage intensif.

Selon le secteur d’activité (vaches, volailles, chiens …) et le type d’élevage (artisanal, intensif etc.), le quotidien de l’éleveur peut s’avérer différent.

L’éleveur peut également être agriculteur, mais aussi vendeur (de ses produits) ou encore investir dans le tourisme rural en gérant des chambres et/ou tables d’hôtes par exemple.

2-Fiche de paie éleveur : quelles spécificités et quel statut pour le salarié ?

Convention collective

 

Actuellement, 141 conventions collectives peuvent s’appliquer à un employé d’élevage selon son secteur d’activité et la région dans laquelle est situé l’élevage.

Toutefois, une convention collective nationale est en cours de signature. Elle devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2021 et s’appliquer à près d’un million de salariés de la production agricole.

Exemple d'une fiche de paie d'un éleveur salarié

Fiche de paie éleveur



Catégorie socioprofessionnelle

Les éleveurs appartiennent à différentes catégories socioprofessionnelles selon leur expérience professionnelle et leur secteur d’activité. Voici quelques exemples :

    • Profession 691b - Ouvriers de l'élevage : Ouvriers spécialisés dans les élevages. Ils s'occupent en principe exclusivement des soins aux animaux. Ils peuvent être responsables d'un troupeau dont ils assurent le pâturage.

    • Profession 111e -Éleveurs de granivores et éleveurs mixtes, sur petite exploitation :  il s’agit des agriculteurs sur petite exploitation dont l'orientation dominante est l'élevage des granivores ou l’élevage mixte d'herbivores et de granivores. Ils sont à leur compte.

3- Quel salaire sur la fiche de paie de l'éleveur ?

 

D'après l'INSEE, le salaire net mensuel moyen

  • d’un éleveur salarié (691b) est de 1450 : 1456€ pour les hommes contre 1428€ pour les femmes. Ce montant est une moyenne nationale établie à partir des rémunérations de 5 800 salariés en France. Ces salariés sont majoritairement des hommes (66%). Le métier s’exerce dans des entreprises de taille variées : 28,4% dans des entreprises de moins de 10 salariés, 11,9 % dans des entreprises de 10 à 19 salariés, 16,9 % dans des entreprises de 100 à 249 salariés et 15,5 % dans des entreprises de plus de 250 salariés.

  • d’un éleveur d’animaux fermiers (salarié de son exploitation) est de 1938€: 1904€ pour les hommes contre 1964€ pour les femmes. Ce montant est une moyenne nationale établie à partir des rémunérations de «300 personnes en France. Ils salariés sont majoritairement des hommes (74%).

 

4- Éleveur : quel taux AT/MP applicable ?

Les employeurs de la filière élevage cotisent au régime propre aux travailleurs salariés et non salariés du secteur agricole. Le recouvrement des cotisations sociales est effectuée par les caisses de Mutualité Sociale Agricole (MSA). La cotisation d'Accidents du Travail et Maladies Professionnelles (AT/MP) qui s’applique à la fiche de paie de l’élevage est :

  • soit un taux global collectif : fixé chaque année par arrêté ministériel.

  • soit un taux individualisé.

Il varie selon la catégorie de risque à laquelle est rattachée l'exploitation ou l'entreprise .

Consultez notre page dédiée au taux d'accident du travail et aux maladies professionnelles.

5- Éleveur : quels avantages professionnels sur la fiche de paie ?

L’employé d’élevage pourra prétendre à certains avantages professionnels inhérents à sa qualité de salarié.e.

  • Indemnités repas : L'employeur peut prendre en charge les frais de repas des employés d’élevage s’ils se trouvent en dehors de leur lieu de travail habituel au moment des repas (pendant les horaires de travail et en raison des nécessités de l'entreprise). De même s’ils ne peuvent prendre leurs repas à leur domicile du fait de l’éloignement du lieu de travail. Les conditions de prise en charge des repas diffèrent selon la convention collective applicable.  

  • Frais de déplacement : les frais engendrés par des déplacements avec un véhicule personnel peuvent être pris en charge si ces trajets sont imposés par les besoins de l'entreprise.

  • Hébergement : certaines exploitations proposent d’héberger le salarié en contrepartie d’un loyer faible voire nul.

  • Produits de la ferme : autre avantage en nature, le salarié peut percevoir des produits issus de l’exploitation (viande, lait, œuf etc.)

  • Primes diverses : l’employeur peut mettre en place diverses primes annuelles attachées aux quantités de concentrés distribués, à la productivité par animal, ou encore aux rendements économiques de l’exploitation.

  • Prime d’ancienneté : fixée dans la convention collective applicable à l’employé d’élevage, elle se calcule sur la base du salaire brut en fonction du nombre d'années d’expérience au sein de la même entreprise.

Ces avantages professionnels varient actuellement d’une convention collective applicable à l’autre (différente selon la territorialité et le secteur d’activité) mais peuvent aussi résulter d’accord d’entreprise ou être négociés lors de la conclusion du contrat de travail.

6- Obligations légales : quelles sont celles qui incombent à l’employeur ?

L’employeur a des obligations légales vis-à-vis du salarié :

  • Fournir une rémunération en retour du travail effectué: l’employeur doit verser une rémunération à son salarié (comprenant le salaire de base et toute rémunération supplémentaire – primes, heures supplémentaires, avantages en nature etc.) et lui fournir une fiche de paie récapitulative. Cette rémunération doit être nécessairement supérieure au SMIC et dépend de la classification du salarié (se reporter à la convention collective applicable). Certaines augmentations de salaires sont obligatoirement répercutées sur la fiche de paie comme la revalorisation du point ou un changement d’échelon lié à l’ancienneté

  • Formation du salarié: l’agriculteur employeur s’assure de former les ouvriers d’élevage aux règles de santé, d’hygiène et de sécurité et engage des formations pour favoriser leur maintien dans l’emploi. 

  • L’entretien d’évolution professionnelle : qu’ils soient en temps complet ou partiel, les ouvriers d’élevage doivent être reçus pour un point périodique obligatoire organisé tous les deux ans. Ce point porte sur les perspectives d’évolution professionnelle du salarié (un ouvrier d’élevage peut devenir responsable de troupeau par exemple).  

  • Assurer au salarié de disposer des moyens nécessaires à sa mission : l’employeur est tenu de fournir à l’éleveur l’ensemble des moyens nécessaires à l'exécution de son travail dans les meilleures conditions.

  • Santé/sécurité au travail : les métiers de l’élevage sont soumis à d’importants risques psycho-sociaux conduisant à des situations de stress intense et de suicide (faible rentabilité, endettement, isolement). Ils sont également exposés aux risques liés au soin des animaux (environnement générateur de risques biologiques comme les zoonose et exposition aux blessures lors des manipulations), aux chutes de plain-pied, aux risques de blessure par les machines utilisées, ainsi qu’aux troubles musculo-squelettiques. Les éleveurs doivent être vaccinés et porter un EPI : port d’un masque respiratoire (en cas de poussières  ou  de micro-organismes infectieux), port de chaussures de sécurité anti-dérapantes, gant de protection, vêtements protecteurs (tablier de traite par exemple), lunettes de sécurité en cas de projection.
  • Vestiaire collectif : l’ouvrier d’élevage doit pouvoir bénéficier d’un local où revêtir sa tenue de travail individuelle.

7- Comment établir la fiche de paie d'un ouvrier d'élevage en contrat d'apprentissage ?

Il est possible de devenir éleveur ou ouvrier d'élevage grâce à une formation en apprentissage. La formation s'effectue alors en alternance entre l'exploitation agricole et le CFA (Centre de Formation des Apprentis). En entreprise, il est nécessaire de désigner un maître d'apprentissage responsable de l'apprenti. 

Pour le recrutement d'un apprenti, un contrat d’apprentissage doit être conclu entre l’apprenti, l’employeur ainsi que le CFA. 

L'apprenti est rémunéré selon des règles légales précises et reçoit obligatoirement une fiche de paie tous les mois. Sa rémunération dépend cumulativement : 

  • de la catégorie d’âge à laquelle appartient l’apprenti ;

  • de l’année d’exécution du contrat ;

  • de la base de calcul : le smic horaire en vigueur.

Pour faciliter l'embauche des apprentis, il existe des aides :

  • Exonérations sociales : d'exonérations de cotisations et contributions sociales dans la limite de 79 % du SMIC ;

  • Aide financière : dans certaines conditions, l’employeur peut bénéficier du dispositif de l’aide unique.

Retrouvez toutes les informations pour créer facilement une fiche de paie pour votre apprenti éleveur dans l'article suivant : fiche de paie apprenti

8- Comment établir la fiche de paie d'un ouvrier d'élevage en contrat de professionnalisation ?

Il est également possible d'embaucher un ouvrier d'élevage via un contrat de professionnalisation.

Comment ? Le contrat de professionnalisation est signé par l’employeur et le salarié. L'employeur doit  transmettre ce contrat dans les 5 jours de sa conclusion, à l'OPCO de la branche professionnelle dont il dépend. Ce contrat alterne des périodes de travail sur l'exploitation agricole et des périodes de formation. En entreprise, il est nécessaire de désigner un tuteur responsable de l'alternant. 

Le contrat de professionnalisation peut être conclu dans le cadre d'un CDI ou d'un CDD :

  • En CDI : durée de 6 à 12 mois. Jusqu'à 24 mois dans certains cas bien particuliers. A la fin de cette durée, le contrat se poursuit mais dans les conditions classiques d’un CDI ;

  • En CDD :  durée de 6 à 12 mois. Jusqu'à 36 mois dans certains cas bien particuliers. A la fin de cette durée, le contrat s'arrête. 

L’alternant en contrat de professionnalisation est obligatoirement rémunéré selon des règles légales bien précises. Une fiche de paie lui est remise tous les mois. La rémunération en contrat de professionnalisation est calculée sur la base d’un pourcentage du SMIC et varie en fonction :

  • de la catégorie d’âge ;

  • ainsi que de la qualification du salarié.

Pour faciliter l'embauche des alternants, il existe des aides :

  • Possibilité de déduire les avantages en nature du salaire de l’alternant : jusqu'à 75% des déductions autorisées pour les autres salariés ;

  • Le salaire de l'alternant fait l'objet d'exonérations de cotisations sociales dans le cadre de la réduction générale des cotisations étendue (ex réduction-Fillon);

  • Aides à l’embauche d’un demandeur d’emploi en contrat de professionnalisation. Ces aides ne sont pas soumises à cotisations sociales ni à CSG/CRDS :

    • AFE versée par Pôle Emploi : pour embauche d’un demandeur d’emploi âgé de 26 ans et plus (2000€ maximum);

    • Aide versée par l’État (cumulable avec l’aide Pôle emploi) : pour l’embauche d’un demandeur d’emploi âgé de 45 ans et plus (2000€ maximum). 

Retrouvez toutes les informations pour créer facilement une fiche de paie pour votre alternant éleveur ou ouvrier agricole dans l'article suivant : fiche de paie contrat de professionnalisation

 

En ce qui concerne la partie sociale, l'employeur doit transmettre la DSN corrélative à la fiche de paie du salarié éleveur chaque mois.

Pour créer une fiche de paie pour un éleveur salarié, il suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous et de suivre les instructions :

 

Bouton créer une fiche de paie

Auteur
Aurore R.
Issue d'une formation juridique, et après avoir exercé plusieurs années au sein d'un cabinet de conseil spécialisé en SIRH, Aurore transmet son expertise à travers ces pages d'aides pour vous simplifier la paie !
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